Mar 27, 2011 1
L’accès à la justice, accessible ?
C’est en octobre 2005 que le ministre de la Justice Yvon Marcoux annonce des changements au système d’accès à la justice au Québec. Le ministre Marcoux annonce « des modifications aux seuils d’admissibilité » pour l’aide juridique et cela sur une période de cinq ans (http://www.servicesjuridiques.org/coalition/html/lacoalition.html). Ces modifications promettaient de permettre à 900 000 personnes de plus d’avoir accès à l’aide juridique. Le ministre Marcoux s’était engagé à injecter trente millions de dollars sur cette période de cinq ans pour permettre un meilleur accès à l’aide juridique. Dès cette annonce, des groupes d’accès à la justice criait haut la voix que ces montants étaient insuffisant, car ils étaient nettement inférieur au montant suggérer par le rapport Moreau, un rapport mit en place en 2004 par le ministre de la Justice de l’époque Marc Bellemare avec le mandat de revoir l’ensemble du régime de l’aide juridique.
Nous sommes donc cinq ans plus tard et il appert que les intervenants des groupes d’accès à la justice avaient raison, le plan quinquennal du ministre Marcoux est voué par tous comme un échec fondamental. Selon Me Lise Ferland de la Coalition pour l’accès à l’aide juridique, « C’est cinq ans d’à peu près rien » (Le plan de Québec sur l’aide juridique qualifié d’échec complet, Le Devoir). En 2011, pour avoir accès à l’aide juridique, une personne seule doit gagner moins de 12 850$ par année. Or, pour avoir accès à l’aide juridique, un individu doit gagner moins du 2/3 du salaire minimum, qui est aujourd’hui à 9,50$/l’heure selon le site de la Commission des normes du travail du Québec.
Nous sommes plus de trente-cinq ans après l’adoption de la Loi sur l’aide juridique et comme l’affirme Me Ferland : « le message gouvernemental est que l’aide juridique, on ajuste ça au plus bas des plus bas des revenus. On indexe ça à l’aide sociale ». Cela va contre les recommandations du rapport Moreau et les conclusions d’une étude conclue par le Barreau du Québec en octobre 2010.
Ces résultats obtenus par le plan quinquennal du ministère de la Justice Yvon Marcoux ne sont guère acceptables et le ministère se doit de changer sa mentalité. Ayant œuvré dans plusieurs cliniques d’aide et d’informations juridiques pendant les dernières années, je peux témoigner que l’aide juridique n’est pas accessible pour une grande partie des gens qui n’en ont besoins. J’ai appris avec grande fierté que la Confédération des associations d’étudiants en droit civil (Université de Sherbrooke, Université de Montréal, Université McGill, UQAM et l’Université Laval) s’est prononcée contre ce manque d’accès à la justice en envoyant une pétition à l’attention de la ministre de la Justice actuelle, Kathleen Weil. Dans cette pétition la Confédération demande à la ministre Weil de modifier l’accès à l’aide juridique afin que (http://www.caded.ca):
« 1. les seuils d’admissibilité à l’aide juridique soient haussés pour qu’une personne seule travaillant au salaire minimum (40h/semaine) soit admissible à l’aide juridique gratuitement ;
2. les seuils d’admissibilité des autres catégories de requérants, y inclus le volet avec contribution, soient modifiés en conséquence ;
3. l’admissibilité à l’aide juridique se fasse à partir du revenu mensuel des requérants ;
4. l’indexation annuelle des seuils d’admissibilité soit maintenue ».